itinéraires Isolites
76600 Le Havre
A la recherche du temps perdu
Les stigmates de la Seconde Guerre Mondiale
la renaissance du Havre par Auguste Perret
Docks et dockers
Le Havre intime : les escaliers
Balade du bord de mer
Ce qui suit résume certains des neuf parcours proposés dans le guide touristique susnommé, paru aux éditions Ysec : vous trouverez dans la version papier l’ensemble des itinéraires, les détails et les anecdotes.
- « A la recherche du temps perdu »
- « Les stigmates de la Seconde Guerre Mondiale »
- « la renaissance du Havre par Auguste Perret »
- « Docks et dockers »
- « Le Havre intime : les escaliers »
- « Balade du bord de mer »
Ce parcours vous invite à remonter le temps, sur les traces du Havre de Grâce né en 1517 de la décision de François Ier. Certes Le Havre a été ravagé en 1944, mais l’on peut encore deviner ce qu’était la ville à ses origines, en sillonnant les quartiers Saint-François et Notre-Dame.
Le point de départ de l’itinéraire se situe au pied de la statue de François Ier, en face du bassin du Roi : vous y trouverez aussi le plan de la ville tel qu’il a été conçu au XVIe siècle. A gauche se trouve le quartier Saint François, aisément reconnaissable à ses bâtiments en brique et ses toits en ardoise. S’ils ne sont pas d’époque, ils rappellent volontairement l’ancienne esthétique de ce quartier portuaire. Au fil des rues (aux noms évocateurs), des commerces (le marché aux poissons) et des musées (Dubocage de Bléville, la Maison de l’Armateur) vous aurez une idée de ce qu’était le Havre il y a quelques siècles : grouillante, maritime, riche.
Dans le quartier Notre Dame n’ont survécu aux bombardements que le Muséum d’histoire naturelle et la petite cathédrale : tout le reste a été détruit, et d’ailleurs cette dernière a bien failli disparaître aussi si la mobilisation des Havrais n’avait pas fait son office ! Elle concentre en effet dans ses murs les 500 ans de l’histoire tourmentée de la ville : première église édifiée, elle a été le théâtre de toutes les vicissitudes que ce petit port a connu, comme la guerre contre les Anglais à la fin du XVIe siècle. A l’intérieur, les vitraux en particulier racontent l’histoire du Havre.
Réputée pour avoir été une des villes les plus touchées par la guerre, Le Havre a en effet été détruit à plus de 80%. Trois lieux rappellent cette période sombre qui reste vive dans la mémoire de beaucoup, et qu’il n’est pas question d’oublier. Ce parcours vous invite à visiter ces sites très différents, qui témoignent non seulement de cette page d’histoire, mais aussi de la manière de surmonter un traumatisme.
Le fort de Sainte-Adresse, d’abord, est un lieu tout à fait étonnant : il s’agit d’une forteresse impressionnante, construite au XIXe siècle pour prévenir une éventuelle attaque des Anglais. Située en hauteur, dans le quartier de Sanvic, avec une magnifique vue sur la rade, elle a évidemment été réquisitionnée par l’occupant, délogé par la manœuvre héroïque d’une poignée de résistants. Abandonné après la guerre, ce fort a été récemment réhabilité en « jardins suspendus ». Aujourd’hui, il est une magnifique promenade bucolique.
La batterie de Dollemard, c’est-à-dire l’ensemble de blockhaus d’artillerie construit par les Allemands, au pied du phare de La Hève, est quasiment restée en l’état. La promenade en bordure de falaise, à 140 mètres de hauteur, est non seulement magnifique pour son point de vue sur l’océan, mais donne à voir l’installation militaire complexe.
Le square Saint-Roch enfin, en centre-ville, poumon de verdure et de calme aujourd’hui, a été pendant la guerre totalement détruit par les bombardements, et a même servi de cimetière provisoire. Symbole d’une ville décimée, sa reconstruction en un espace de paix et de verdure particulièrement cher aux Havrais est l’image même de la renaissance de la ville après la guerre.
Si c’est l’architecture Perret qui a valu au Havre son classement au patrimoine mondial de l’Unesco, sa beauté et son caractère révolutionnaire restent encore incompréhensibles pour beaucoup de monde. Ce parcours vous invite à remonter quelque 60 ans en arrière pour tenter de comprendre tout ce qu’a eu de génial, au sens littéral, la reconstruction du Havre.
En partant de la cathédrale Notre Dame et en remontant la rue de Paris, vous entamez le tracé du « triangle d’or ». Le parcours de cette artère vous permet d’observer les éléments fondamentaux de l’architecture imaginée par Perret : l’immuable « 6,24 m », le béton, la verticale. Mais un œil attentif vous permettra de voir toutes les variations de ce canevas induit par l’urgence du relogement : les variations de couleur, de hauteur des immeubles, des pylônes, etc.
Vous allez croiser le Volcan, tout en courbe, lui, érigé en 1982 par l’architecte de Brasilia, Oscar Niemeyer, avant d’arriver à l’imposant hôtel de ville et ses jardins. Inspiré de l’époque classique dans une version totalement moderne pourtant, ce cœur de ville au centre d’une vaste place est le symbole même de l’esthétique de Perret qui fait la part belle à l’espace et à la lumière. Tout près de là, la visite de l’appartement-témoin est incontournable : on y perçoit cette fois dans le détail du quotidien le caractère profondément novateur de cette architecture. Un espace modulable, lumineux, aéré, où le séjour est central, chaque détail pratique : la vie n’est plus la même.
Ensuite, remonter l’avenue Foch, c’est emprunter la voie vers la majestueuse Porte Océane, bordée de rappels de l’histoire du Havre. Et tourner ensuite sur l’avenue François Ier c’est parvenir à l’église Saint-Joseph, sans doute le monument le plus célèbre du nouvel Havre. Extraordinaire édifice de béton de 109 mètres de haut, tant pour ses lignes extérieures que pour le travail de la lumière à l’intérieur, il est le point d’orgue de l’architecture d’Auguste Perret.
Le quartier de l’Eure, situé entre le port et le centre-ville est en pleine mutation. Cœur de la vie ouvrière au XIXe siècle parallèlement à l’essor de l’activité portuaire, en déclin depuis l’après-guerre, il connaît aujourd’hui un renouveau. Le paysage qui se dessine rappelle le passé et se tourne vers l’avenir.
Le point de départ se situe place Léon Carlier, où pendant des décennies les ouvriers venaient chercher du travail tous les matins. La cloche des dockers, située de l’autre côté du bassin, rythmait la besogne. Le long des rues, des docks réhabilités et des divers bâtiments d’époque (la maison des marins, les établissements Caillard, les bars, etc.), vous pouvez imaginer la vie difficile qu’ont menée ces hommes au service du commerce du port. Vous croiserez notamment le chemin de Jules Durand, syndicaliste martyr, qui a révélé à l’opinion publique les conditions de vie et de travail abominables des dockers au début du XXe siècle.
Le long de ce parcours, les anciens hangars reconvertis côtoient les bâtiments modernes, à l’image de ce que vous pouvez voir autour du bassin des Docks : d’un côté la piscine imaginée par Jean Nouvel et de l’autre, les Docks Vauban, point d’arrivée de l’itinéraire, aujourd’hui réhabilités en centre commercial.
Le Havre compte près d’une centaine d’escaliers, pour relier la ville haute et la ville basse. Les parcours possibles sont donc nombreux ! Celui que nous vous proposons se situe dans un quartier méconnu, loin de la mer, et peu touristique.
Rue de Montmorency, non loin du Rond-point, se trouvent les vestiges d’un escalier révolutionnaire lorsqu’il a été construit dans les années 20 : il était mécanique ! Ancêtre en quelque sorte de nos escalators, il permettait aux ouvriers à vélo de descendre et de monter en quelques minutes, sans se fatiguer. Il a été démantelé dans les années 80 et est malheureusement à l’abandon.
Non loin de là, si vous pénétrez dans les méandres des minuscules ruelles, et empruntez en particulièrement la rue Bellefontaine, vous serez en terrain historique ! En effet, dans cette rue a vécu au XIXe siècle un ancien bagnard devenu négociant, qu’a connu Victor Hugo et dont il s’est inspiré pour créer son personnage de Jean Valjean. Et si vous ne croyez pas que Les Misérables sont nés au Havre, allez voir un peu plus loin le nom des rues voisines : impasse Cosette, escalier Jean Valjean, rue Fantine, etc…
Le Havre, c’est la mer bien sûr, comme le dit son surnom préféré de « Porte Océane ». Cet itinéraire vous invite donc à une promenade maritime, au rythme de l’histoire des bains de mer et des impressionnistes.
Le point de départ se situe devant le monumental « Nice Havrais », à Sainte-Adresse : au début du XXe siècle, un promoteur parisien Georges Dufayel a transfiguré cette partie de la côte en créant une cité balnéaire. On est depuis la fin du XIXe siècle en pleine vogue des bains de mer, censés guérir de maladie mais qui sont surtout l’occasion de séjours de villégiature pour la haute société. Toutes les rues parallèles situées sous le Nice Havrais ont été construites sous l’impulsion de ce promoteur : il faut dire que la vue est imprenable ! Et les belles demeures sont légion.
En redescendant vers Le Havre, vous aurez une idée de cette lumière très caractéristique qui a inspiré les peintres : de nombreux panneaux rappellent les tableaux de Dufy, Saint-Delis, Boudin, Monet, etc. qui sont nés ici.
La promenade de la plage du Havre, avec ses cabanes, ses restaurants d’été, ses activités sportives, témoignent de l’attachement des Havrais pour cette mer qui voit en permanence divers bateaux pénétrer dans leur port. Le spectacle attire du monde en toute saison.
Tout au bout du parcours se trouve le musée Malraux, célèbre pour sa collection de peintures impressionnistes, la plus riche après le musée d’Orsay.









